A propos de Luis
Luis Da Rocha est né en 1969 au Portugal. Lorsqu’il a trois ans, ses parents quittent le pays pour s’installer à Paris. Mais il reviendra toujours passer ses vacances chez lui, au bord de l’Atlantique. Sans doute l’origine de sa passion pour la photographie. Après son Bac, il rentre à l’école photo EFET de Paris pour trois ans. Loin de l’océan, il se concentre sur la photo de studio, à la chambre grand format, passionné par la maîtrise de la lumière. Après ses études, Il rentre dans un des temples du tirage professionnel parisien comme développeur E6 mais son intérêt permanent vers les autres domaines du traitement de l’image l’entraînent vite vers la chromie puis la retouche.
Adepte du carré et du moyen format, il a choisi le Rollei 6x6 comme compagnon de travail et l’argentique comme support d’image. Responsable de la postproduction pour Lumières Marines, Il attache une attention particulière à la réalisation des tirages et reproductions de la collection.
Interview
Pourquoi la photo de mer ?
C’est simplement la réunion de deux mondes que j’aime la photographie et la mer. J’ai été baigné par cet environnement pendant mes vacances lorsque j’étais enfant au Portugal. Et puis le hasard de la rencontre avec Jérôme m’a permis de revenir régulièrement dans le Cotentin.
Et pourquoi Lumieres marines ?
Je me suis remis à la prise de vue progressivement tout en continuant à travailler principalement dans la retouche, et plutôt que de laisser mourir mes images dans un tiroir j’ai eu envie de diffuser ce travail. Nous avons pensé à faire d’abord une petite exposition pendant l’été à Barfleur… puis en creusant, l’intérêt du public aidant, l’idée d’une petite galerie permanente a germé. Nous avons ouvert notre galerie sur le port de Barfleur.
La Manche, c’est pas un peu moins exotique que le Portugal ?
Non, c’est vraiment un joli terrain de jeu pour un photographe qui aime travailler les lumières changeantes, la diversité des paysages et de la météo… et puis j’ai le plaisir d’avoir la sensation d’évoluer dans un terrain encore presque vierge et méconnu des grandes foules… ça facilite grandement le travail.
D’où vient ton inspiration ?
Ele est d’origine multiple : Photographique, mais elle vient aussi de la peinture marine. J’essaye de retrouver dans mes photos la lumière des peintres hollandais.
Je n’ai pas l’impression d’avoir de lien direct avec un photographe en particulier, mais j’apprécie beaucoup les photographes paysagistes américains tel Ansel Adams ou Irving Penn pour la maîtrise de ses lumières…
Pourquoi avoir choisi le Moyen format et le carré ?
Le Moyen format pour la haute définition et le maximum de détails contenus dans le film. Quand au carré, c’est une question de plaisir de cadrage… il est aussi difficile que facile, il oblige à travailler son regard, à réfléchir mais une fois obtenu, il a la force de l’évidence, Il s’impose de lui-même.
Et l’argentique ? Ce n’est pas un peu dépassé ?
Non, pas du tout… Je travaillerai en argentique tant que je pourrai. Je l’utilise pour le côté vibrant du grain photo comparé au lisse mathématique et chirurgical du numérique. Et je pense que lorsque tu utilises du film, tu portes plus attention à ce que tu fais. Tu produis moins de photos mais elles sont plus ciblées. C’est une démarche qui te demande plus de concentration et de réflexion.
Plutôt Noir et Blanc ou couleur ?
Je n’ai vraiment pas de préférences. Il est juste difficile de faire les deux en même temps, je préfère choisir à l’avance ce que je vais faire. Imaginer mes images et me mettre dans l’état d’esprit correspondant. Je pars photographier en regardant uniquement en couleur ou en Noir et Blanc mais surtout pas en essayant de capter la même scène en deux versions.
Tu as longtemps évolué dans le domaine de la retouche d’images, certains reprochent le manque d’authenticité aux images retouchées…
La réalité de la photographie a toujours été un faux débat, je ne cantonne pas la photo à un témoignage exact de la réalité. Lorsque vous saisissez une scène en Noir et Blanc, vous avez déjà retouché la réalité. Ce n’est pas de la photocopie, mais bien de la photographie. Seul ce que je veux montrer compte. Dès le début de la photographie, les grands tireurs interprétaient leurs images sous l’agrandisseur. Je n’hésite donc pas retoucher dans le but d’améliorer le visuel, sans complexe. Le but final étant le plaisir et l’émotion dégagé par l’image.
Y’a t’il un message dans tes images de mer ?
Pas vraiment un message, mais je veux plutôt montrer la beauté des choses simples, sublimer ce qui peut paraître banal… vous savez les endroits devant lesquels on passe tous les jours sans vraiment regarder, et puis un jour ce même endroit vous arrête net. C’est cet instant précis que j’essaye de capturer sur le film afin de retransmettre l’émotion du moment.
Et pour finir quel genre de photographe es-tu ?
(rires…) mmm… un paysagiste émerveillé.